Demain, aurons-nous tous un éco-métier ? 340 000 jobs à horizon 2035

La transition écologique n’est plus seulement un scénario pour 2050. Selon l’ADEME, elle pourrait créer 340 000 emplois supplémentaires d’ici 2035 en France, puis jusqu’à 900 000 d’ici 2050. Derrière ces chiffres, une question se pose : demain, aura‑t‑on tous un “éco-métier” ?

Au cœur de cette transformation, on trouve des métiers entièrement nouveaux, mais aussi des fonctions existantes qui se “verdisent” progressivement. Et surtout, des trajectoires de vie très concrètes : d’un consultant en stratégie devenu agriculteur en agriculture régénératrice, d’une ingénieure industrielle désormais engagée dans l’économie circulaire, ou encore d’un manager de production transformé en référent bas carbone dans son usine.

340 000 emplois d’ici 2035 : ce que disent vraiment les chiffres

Les chiffres de l’ADEME sont souvent cités, parfois mal compris. Les 340 000 emplois à horizon 2035 ne sont pas un simple “bonus vert” ajouté à l’économie existante. Ils correspondent à une recomposition profonde du marché du travail.

Certaines activités vont décroître ou se transformer fortement, tandis que d’autres vont s’accélérer : rénovation énergétique des bâtiments, énergies renouvelables, mobilité décarbonée, gestion de l’eau et des déchets, agriculture plus durable, nouveaux modèles industriels plus sobres.

Cela signifie que de nombreux métiers vont évoluer, et que la frontière entre “éco-métiers” et “autres métiers” sera de plus en plus floue. Ce qui se joue, ce n’est pas seulement la création de postes “verts”, c’est l’intégration de la transition au cœur de la plupart des activités économiques.

Qu’est-ce qu’un “éco-métier” aujourd’hui ?

Longtemps, on a associé les “métiers verts” aux seules professions de l’environnement : gestionnaire de parcs naturels, technicien déchets, ingénieur en énergies renouvelables.
Aujourd’hui, la réalité est plus large.

On distingue à la fois :

  • Des métiers directement liés à la protection de l’environnement (énergies renouvelables, traitement de l’eau, dépollution, gestion des déchets) ;
  • Et des métiers dits “verdissants”, c’est‑à‑dire des fonctions existantes qui intègrent progressivement des objectifs environnementaux : achats responsables, finance durable, logistique bas carbone, marketing responsable, ingénierie de procédés sobres, etc.

Un “éco-métier”, ce n’est donc pas uniquement un intitulé de poste. C’est aussi une façon d’exercer un métier, avec des contraintes nouvelles (réglementation, objectifs de réduction d’impact, respect des limites planétaires) et des compétences supplémentaires (analyse de cycle de vie, reporting climat, gestion de l’énergie, économie circulaire…).

Témoignages de reconversion : quand les parcours changent de cap

Les chiffres prennent tout leur sens lorsqu’ils sont incarnés par des récits. On voit ainsi des consultants quitter le conseil classique pour accompagner des collectivités sur l’adaptation climatique, des cadres du marketing rejoindre des structures de l’ESS, ou des ingénieurs de production devenir référents décarbonation dans leur site industriel.

La trajectoire “de consultant à agriculteur” illustre bien ce mouvement. Derrière ce changement radical, il y a souvent un diagnostic personnel (besoin de cohérence, recherche de sens, volonté de travailler au contact du vivant) et un chemin progressif : formation complémentaire, périodes de test, accompagnement par des dispositifs d’orientation ou de reconversion, comme ceux portés par des partenaires type Apec, réseaux de l’ESS ou acteurs de l’accompagnement.

Ces récits montrent que l’“éco-métier” n’est pas réservé à des profils déjà experts de l’environnement. Il peut être l’aboutissement d’un cheminement où l’on réinterprète ses compétences – gestion de projet, management, finance, technique – à la lumière des enjeux climatiques et sociaux.

Des opportunités réelles, mais un défi de compétences

Si les perspectives d’emplois sont nombreuses, elles s’accompagnent d’un défi majeur de compétences.
Les entreprises peinent parfois à recruter les profils dont elles ont besoin pour mener leurs transformations : experts climat, spécialistes de l’énergie, ingénieurs en procédés sobres, responsables RSE, mais aussi techniciens capables de faire vivre ces changements au quotidien.

Cela suppose :

  • D’adapter les formations initiales, pour intégrer la transition dans les cursus existants autant que dans de nouvelles filières spécialisées ;
  • De développer massivement la formation continue et les passerelles pour les actifs en reconversion ;
  • De renforcer les dispositifs d’orientation et d’accompagnement, afin que chacun puisse comprendre où se situent les opportunités et comment s’y préparer.

Talents for the Planet 2026 : un rendez-vous pour explorer son éco-métier

Le 9 juin 2026, au Centquatre-Paris, Talents for the Planet réunira entreprises, organisations, acteurs publics, écoles, universités, associations, autour d’un objectif commun : rendre les métiers et compétences de la transition lisibles, accessibles et désirables.

La question “Demain, aurons-nous tous un éco-métier ?” n’appelle sans doute pas une réponse unique.
En revanche, une chose est sûre : la transition écologique va continuer de transformer les métiers, les organisations et les trajectoires professionnelles. Talents for the Planet 2026 offre un espace pour comprendre ces mutations, rencontrer celles et ceux qui les vivent déjà et, peut-être, amorcer son propre passage vers un métier plus en phase avec les défis du siècle.

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